Derrière une dune, une faible lueur contrastait avec l'obscurité partielle qu'offrait une des nombreuses collines de sable environnantes. Une petite bougie diffusait dans cette atmosphère sombre une lumière jaunâtre à l'abri d'une tente au tissu marron. Il avait posée l'abri de toile près des murs de l'enceinte qu'il avait découvert la veille. Surpris par l'obscurité soudaine de la plaine aride, il avait dû s'arrêter pour passer la nuit. Une nouvelle fois, il s'était posé et avait récupéré sa plume pour gratter les feuilles usées de son carnet de voyage. Il termina sa phrase et la ponctua d'un léger point avant de reposer sa plume dans la petite boîte qui abritait son encrier ainsi que de nombreux petits objets. Il tourna les pages lentement, revint en arrière et commença à se relire. Le chapitre résumait les événements de la veille.
D'un pas rapide, il suivait le petit chat qui courrait joyeusement sur le sable fin du bord de la muraille. Il ne semblait pas être inquiété par la chaleur qui était devenu presque insoutenable vu l'heure avancée de la matinée. L'animal disparut alors dans un trou béant qui semblait pénétrer le mur d'enceinte. Le voyageur ralentit et observa l'entrée du passage. Aucun débris ne se trouvait aux alentours alors que ce qu'il observait laissait penser à un travail d'homme. Il se pencha pour observer l'intérieur et reçut une bouffée d'air odorante et humide. Au loin, il pouvait voir une faible lumière qui semblait indiquer une probable sortie. Une nouvelle fois, il leva la tête pour voir s'il était observé, mais il ne put voir distinctement la moindre irrégularité sur la ligne droite que formait le haut des remparts à cause du contre-jour qu'offrait le soleil de midi. La sèche atmosphère du désert au zénith l'encouragea à se faufiler par ce passage qui lui prodiguerait une zone d'ombre plus qu'appréciable. Il s'était avancé, guidé par la fraîcheur d'une brise qui parcourait le passage pour former un courant d'air. Sa peau chauffée par le soleil l'accueillit avec délectation. Ses s'habituèrent peu à peu à l'obscurité et il distingua mieux ce qui l'entourait. Les parois étaient lisses et travaillées, comparé à l'entrée qui n'était qu'un trou grossièrement creusé dans le mur blanc. Il progressa lentement guidé par la douceur de l'air du tunnel. Il ne voyait que cette lumière blanche devant lui. Très blanche, trop blanche... Il s'arrêta net. Il tourna la tête à droite puis à gauche. Il lui fallut quelques bonnes secondes avant que ses yeux s'habituent une nouvelle fois à l'obscurité. L'étroitesse du passage lui apparaissait alors soudainement. En effet, il se rendit compte avec surprise que ses épaules touchaient presque les parois de pierre. Il leva les yeux avec prudence. La lumière devant lui semblait alors très lointaine. La fraîcheur réconfortante lui avait donné l'illusion de la distance, une distance qu'il avait mal jugé dès le début. Il ferma les yeux et réfléchit. Ce n'était pas par là qu'il devait passer. Absolument pas. Il ne pouvait se fier à cette impression uniquement, ce confort qui l'attendait. Non, le chemin n'était pas le bon, il le savait maintenant. Il repensa aux grandes portes blanches brillantes au soleil du matin. Expirant lentement, il rouvrit les yeux. Sans hésiter, il rebroussa chemin en écoutant le moins possible ses sens qui avait été soudainement aiguisés et qui perdaient maintenant lentement l'influence qu'ils avaient sur lui. Le tunnel lui parut alors beaucoup plus étroit et beaucoup plus sombre surtout comparé aux portes qui gardaient la grande entrée. Il avança beaucoup plus rapidement qu'à l'aller. Concentré sur ses sens il ne se rendit pas tout de suite compte qu'il était hors du mur et que l'obscurité l’enveloppait La nuit lui envoya une bourrasque glacée dans la joue et il repris conscience. Il se retourna et remarque que l'entrée du passage avait disparu. Lentement, il se retourna et se mis à la recherche d'une dune qui l’abriterait du vent. Il marcha alors en direction du désert, guidé par la lumière des astres qui semblait lui indiquer la bonne direction.
Son regard se perdit alors sur la page suivante encore toute blanche et il la parcourut machinalement des doigts. Il soupira profondément et ferma le livre qu'il posa sur la petite caisse qui contenait les divers objets qu'il transportait : Une boussole, un petit flacon contenant un liquide vert, un petit coffre dont une fiole dépassait, des allumettes et un emplacement pour son carnet. Il souffla la bougie puis laissa son corps retomber sur le fin et léger matelas qui lui parut soudainement plus confortable que d'habitude. Il regarda longtemps le tissu de la tente secoué par le vent. Il tendit les mains vers les hauts comme pour essayer d'immobiliser la toile. Un faisceau de lumière fit briller l'anneau d'argent à sa main droite. Il l'enleva, se tourna sur le coté et le fit briller à la faible lumière de la lune qui traçait une fine ligne blanche prés de son oreille droite. Celle-ci dévoila des inscriptions d'un autre monde qui parcouraient l'objet. Il le prit délicatement et le posa à coté de son oreiller et l'observa longuement d'un air somnolent.
Un léger courant d'air s'engouffra alors dans la tente soulevant le pan de tissus qui faisait office d'entrée. Il aperçut alors au delà des dunes un grande forme noire qui avait la forme d'une citadelle, une citadelle qui ne lui semblait pas inconnue. Quelque chose semblait avoir changé pourtant en elle mais il ne savait pas quoi. Alors qu'il se demandait s'il rêvait, il sentit une pression au niveau de ses orteils. Il se réveilla alors en sursaut, repliant ses jambes dans un vif mouvement tout en soulevant la légère couverture d'un geste rapide, s'attendant à un scorpion ou un serpent. Il trouva pourtant, une nouvelle fois, le petit chat tigré qui l'observa d'un air de reproche avant de s'enfuir par l'entrée. Il sortit à la hâte pour essayer de le rattraper mais glissa à la sortie de l'entrée dans la pente d'une dune. Sans contrôle sur ses mouvements, il se laissa rouler jusqu'à se stabiliser. Il se releva avec peine et observa autour de lui. La configuration du terrain semblait avoir changé durant la nuit à cause du vent qui avait modeler les reliefs à sa guise. Il remonta la dune en s'aidant de ses mains. Arrivé en haut, il regarda derrière sa tente avec étonnement. Le désert s'étendait à perte de vue. Les murs de l'oasis avaient donc disparu.
"Un mirage" se dit-il, avant de traverser le palier de sa tente.
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| Source : http://www.sparth.com/gallery/displayimage.php?album=42&pos=13 ( Prince of Persia : Warrior Within - Ubisoft 2004 ) |

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