vendredi 15 juin 2012

Quest 2

Essoufflé, il s’arrêta au coin de l'allée. Il l'avait perdue, une nouvelle fois. Même ses traces de pas dans le sable avaient été instantanément emporté par le vent. Une main sur le mur d'une maison, il essayait tant bien que mal de reprendre son souffle. A sa droite, il y avait une fenêtre qui donnait sur une petite cour. Il regarda un instant à travers sans la trouver. Seul son reflet apparaissait dans un morceau de vitre encore intact. Entre quelques épaisses trace de poussière, un œil noir le fixait.

Il ferma les yeux, et encore une fois, se perdit dans ses pensées... Il pouvait entendre les battements rapides de son cœur entre deux bourrasques de vent. Épuisé, il ne s'était pas rendu compte qu'il avait glissé contre le mur et était maintenant assis, le dos contre celui-ci. Combien de temps allait-il pouvoir continuer ? Il ne le savait pas. Il avait pourtant encore plus mal que la dernière fois où il s'était arrêté. Mais quelque chose de plus fort que lui le poussait à continuer, et il savait qu'il n'avait aucun contrôle sur celle-ci.

Il était pas loin de sa limite quand, difficilement, il repartit à sa recherche. Les étoiles commençaient à naître doucement au dessus de sa tête alors que le ciel prenait une teinte de plus en plus foncée, mais ces yeux ne s'était malheureusement jamais laissé prendre par la beauté de ce spectacle.

A la sortie d'une allée, il déboucha sur une petite place dont un puit asséché occupait le centre. Sa démarche rapide fut tout à coup stoppée quand il sentit pendant quelques secondes un regard perçant et profond le percuter. Il se retourna subitement en regardant l'endroit suspecté ; le toit d'une des rares maisons encore intacte du quartier. Rien. Seul le vent rompait le silence. Déçu, il reprit son chemin.

Et puis, il l'aperçut au loin. Elle parcourait avec agilité les toits à moitié détruit de la cité. Il changea donc de direction et mis le cap sur elle. Il s'engouffra dans une allée, puis une autre, trébuchant à moitié sur les débris épars qui jonchaient le sol.

Il arriva enfin à destination. Elle se tenait debout en équilibre sur une cheminée. Ses vêtements ondulaient avec vivacité. Le vent était devenu beaucoup plus violent tout à coup. Il prit alors le temps d'observer le décor autour de lui. Des piliers de pierre s'alignaient de part et d'autre de la rue. Il se rendit compte qu'il était dans la grande allée qui menait aux portes de la cité. Pourquoi donc l'avait-elle attiré jusque là ? Il la regarda machinalement comme pour l'interroger. Elle n'avait pas bougé contrairement aux autres fois. Il croisa une nouvelle fois ce regard marron-vert, et ressentit la même sensation percutante d'il y a quelques instants. Presque qu'instantanément, elle disparut alors dans un tourbillon bleu.

C'était donc ça... Était-ce la solution ? Il regarda les portes de la cité sans même les voir. Devait-il vraiment s'en aller pour mettre fin à toute cette peine qu'il avait ? Cette poursuite qui ne semblait jamais vouloir se terminer ... Il ne le savait pas lui même. Un éclair traversa son esprit. Il revit alors ce regard perçant et se rendit compte qu'il était empreint d'une certaine tristesse. Une tristesse qu'il n'expliqua pas dans un premier temps. Puis compris, enfin. Elle ne voulait pas ce départ. Mais elle était pourtant prête à aller jusque là... Et cela juste pour son bien... Il eu de la peine pour elle... Non, lui non plus ne voulait pas partir. Il ne voulait pas quitter cette cité qu'il venait de redécouvrir après tant d'années, et ce malgré son état. Il l'aimait comme elle était car chaque ruelles, chaque allées, chaque maisons semblaient lui rappeler des souvenirs familiers et surtout des choses qu'ils appréciaient grandement. Il savait qu'il s'était parfois aventurer trop loin, trop profondément, vers l'impénétrable citadelle. Il avait essayé d'y entrer sans succès... Ce qu'il avait entrevu lui avait suffit et il avait douloureusement accepté le fait qu'il n'y avait pas de place pour lui. Son envie était présente mais il savait qu'il ne devait plus taper une nouvelle fois à cette gigantesque porte de fer, même si auparavant il l'avait voulu encore plus ardemment.

Seul restait cette chose surpuissante et inexplicable qui le poussait à continuer la poursuite. Il n'avait aucun réel contrôle sur celle-ci mais il espérait qu'avec le temps et l'épuisement, il arriverait finalement à s'arrêter et qu'il pourrait ainsi découvrir et apprécier plus amplement les moindres recoins de cette magnifique cité. Pour l'instant, il sortait perdant de chaque combat qu'il entreprenait. Et elle ne semblait pas réaliser toute la puissance que contenait cette chose...

Il ouvrit les yeux et regarda le ciel. La nuit était tombée. Il se retourna et croisa à nouveau un regard vert émeraude dont le reflet s'éteignit aussi vite qu'il était apparu.
Source : http://blinck.deviantart.com/art/Sand-and-Ruins-272158210?q=boost%3Apopular%20in%3Adigitalart%2Fpaintings%2Flandscapes%20sand&qo=3

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